SHOPTALK: Goodnews Skateshop
- Laura Di Cecco
- 26 avr.
- 5 min de lecture

Pour cette entrevue, on s'est rendu sur la douce île de Vancouver pour jaser avec le shop de skate incontournable de sa plus grande ville, Victoria. Goodnews est un pilier de la scène de Vic depuis ses débuts il y a presque dix ans, servant une communauté unique de skateurs qui vivent et respirent la vie sur l'île. La ville est un endroit créatif bâti sur la communauté, et Goodnews, c'est exactement ça.
Goodnews a ouvert ses portes en 2017 et approche maintenant d'une décennie dans la scène skate de Victoria. À quoi ressemblait le shop dans ses premières années, et quelle vision fondamentale vous a portés à travers les différentes phases de croissance?
Matt et moi avons tous les deux grandi en travaillant dans des shops de skate à une époque qui semblait dorée — quand le shop, c'était un club. Un endroit pour retrouver ses amis, regarder des vidéos, parler de produits, et franchement juste traîner. Niaiser sur place, c'était non seulement accepté, c'était pratiquement le but. Quand Matt a ouvert Goodnews avec notre premier gérant Jayden Prescott, c'était ça la base — recréer un espace qui donnait cette feeling-là. En même temps, Matt avait une solide expérience en vente au détail grâce à la création de boutiques haut de gamme, alors il y avait toujours une intention d'élever l'expérience — être dans le centre-ville et sélectionner des marques qu'on respecte vraiment pour leur design, leur innovation et leur identité.
Quand je me suis joint à l'équipe, on a dû déménager à cause d'une hausse de loyer, mais ça a fini par être un moment de recommencement. Le nouvel espace nous a donné la chance de peaufiner les choses, en gardant la même énergie de base, mais en rendant tout ça plus ouvert et accessible. On avait entendu que l'ancien shop pouvait sembler un peu intimidant, ce qui n'avait jamais été le but. À travers tous ces changements, la vision est restée la même : créer un shop qui se sent accueillant, connecté à la communauté, et intentionnel dans sa façon de paraître, de se vivre et de fonctionner.
Victoria a développé une identité skate bien distincte sur la côte Ouest. Si tu devais décrire la scène skate de Victoria en un seul mot, lequel ce serait — et pourquoi?
J'ai posé la question autour de moi parce que la scène a beaucoup évolué au fil des années. Le mot qui revenait constamment, c'était résilience.
Victoria peut sembler une grande ville, mais c'est vraiment une petite ville d'île, et ça teinte tout. Le skate a toujours été plus ou moins accepté ici, mais jamais vraiment dans les rues. Les spots sont limités, la plupart se font fermer rapidement, et tout ce qui est nouveau a une courte fenêtre avant de se faire bloquer. À cause de ça, faut être créatif. Ça forme un certain type de skateur — des gens comme Dylan Timmins et Una Farrar — qui voient des possibilités là où les autres n'en voient pas. Cette mentalité-là, c'est pas optionnel ici, c'est nécessaire.
Qu'est-ce qui distingue la communauté skate de Victoria des autres au Canada, et comment l'as-tu vu évoluer depuis l'ouverture?
Victoria a toujours semblé plus ouverte d'esprit et inclusive que beaucoup d'autres scènes. Étant une ville plutôt progressiste, on ne voit pas juste un type de skateur. Il y a un vrai mélange de gens, de styles et de perspectives, ce qui a été vraiment le fun à observer au fil des années.
La ville a aussi embarqué assez tôt dans le skateboard. On a une tonne de parcs. Honnêtement, peut-être un des plus hauts ratios par habitant n'importe où — ce qui est incroyable. La contrepartie, c'est que les spots de rue ont tendance à se faire fermer rapidement, et ceux qui durent sont généralement pas mal rough. Cela dit, on est un peu les tropiques du Canada. La météo est correcte, l'attitude DIY est forte, et les gens sont prêts à tirer le maximum de ce qu'on a. Ça crée une scène qui est débrouillarde.
Goodnews a bâti sa propre marque maison, en collaborant avec des skateurs, des artistes et des créateurs locaux. Comment le fait d'avoir votre propre marque approfondit-il votre connexion en temps réel avec la communauté, et quel rôle joue-t-elle dans l'identité du shop?
On est vraiment chanceux que notre scène soit pleine d'artistes, de créateurs et de gens qui font des affaires le fun. On pense pas vraiment à ça comme une « marque », pour être honnêtes. Tout se met ensemble assez organiquement. Des fois on a une idée, des fois quelqu'un de la communauté nous en apporte une, et on la fait juste arriver. Ça peut venir d'un besoin — comme la chemise boutonnée ample qu'on a faite parce qu'on sentait que personne le faisait comme on le voulait — ou ça peut partir d'une conversation random dans le shop : « et si on faisait ça? » D'autres fois, c'est plus intentionnel : on aime vraiment ce que quelqu'un crée et on veut aider à le mettre de l'avant sur un deck ou un morceau de linge.
Au fond, c'est une question de plateforme. Pouvoir collaborer avec des amis, du staff et l'équipe pour soutenir ce qu'ils font, et ensuite le voir prendre vie, c'est une des parties les plus gratifiantes de gérer le shop. Ce processus-là façonne notre identité. Ça garde les choses proches de la communauté, ça continue d'évoluer, et ça fait en sorte que ça ne semble jamais forcé ou trop commercial. On fait attention, mais on prétend pas tout savoir. Une grande partie de ça, c'est créer de l'espace pour la prochaine génération et soutenir ce qu'ils veulent faire. Et honnêtement, si vous lisez ça et avez une idée — contactez-nous. On veut l'entendre et essayer de vous aider à la réaliser.
Les shops de skate indépendants ont toujours été des ancres culturelles dans le skateboard. Pourquoi pensez-vous que des shops comme Goodnews restent essentiels au tissu de la communauté skate, surtout à une époque où le commerce en ligne est si dominant?
C'est une question que chaque shop et chaque skateur devrait se poser en ce moment. Le en ligne s'en va nulle part, et on l'a embarqué. Ça fait partie de notre communauté aussi, et souvent c'est juste une question de commodité — on comprend. Mais pour nous, tout ça existe pour soutenir la scène locale et le shop physique. Ce qui se passe dans un vrai shop de skate peut pas se reproduire en ligne. C'est là que les gens se connectent, que les idées deviennent des collaborations, que les riders sont soutenus, et que les conversations — sur le skate ou sur la vie — ont vraiment du sens. Le en ligne peut vendre des produits. Les shops jouent encore un rôle pour soutenir la culture et aider à tenir les choses ensemble d'une façon qui est pas toujours visible.
En approchant de votre dixième anniversaire, quel impact espérez-vous que Goodnews continue d'avoir, et quels projets ou grands objectifs envisagez-vous pour la prochaine décennie du shop?
On a toujours des idées et des projets créatifs en cours, mais pour être honnêtes, présentement c'est surtout une question de rester viable. L'industrie est pas dans sa meilleure passe, et même en gérant le shop comme on le fait — avec Matt et moi qui ne prenons pas de salaires ni de rétributions — c'est quand même un défi.
Cela dit, on est engagés à garder les portes ouvertes. On croit qu'il est important qu'un shop de skate core, uniquement dédié au skate, existe à Victoria, et c'est ça qui nous motive plus que n'importe quoi d'autre.
En regardant vers l'avenir, le but c'est pas nécessairement de grandir en quelque chose de plus grand. C'est de rester pertinent, rester connecté, et continuer d'évoluer aux côtés de la communauté. Tant que les gens nous veulent ici, on va continuer de se montrer et de trouver des façons de soutenir la scène, peu importe la forme que ça prend.
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